We are Mods !
Au Royaume Uni, à la fin des années 1950, apparaissent les premiers « mods » (abréviation de « modernists » pour qualifier à l'origine les amateurs d'un style de jazz éponyme, par opposition aux « trads »). Les mods, qui sont de jeunes urbains prolétaires, se caractérisent dès leur genèse par un mode de vie festif (« Way of Life »), et hédoniste. Ils développent une certaine obsession notamment pour leur apparence physique et vestimentaire, ainsi que la musique et la danse. Les mods se déplacent notamment sur des Vespa GS 160, Lambretta TV et SX 200 fortement accessoirisés (recouverts de phares, de rétroviseurs (appelés « stadiums ») et de diverses pièces chromées).
L'usage de drogue à finalité récréative est fréquent et se compose essentiellement d'amphétamines. La violence, même si elle ne prédomine pas dans ce mouvement de jeunesse, n'est pas rare, voire fréquente. Elle sert à affirmer des logiques de territorialité, la suprématie d'un groupe ou la défense contre des ennemis potentiels qui ne manquent pas : rockers ruraux, rockabillies et en particulier les Teds londoniens, fascistes et hommes de mains d'Oswald Mosley[4].
Les confrontations directes violentes entre mods existent aussi (logiques de territorialité à Londres...), mais les conflits divers, conjointement à une volonté d'atteindre l'excellence, se règlent le plus fréquemment sur la piste de danse ou tout simplement en « exhibant » leurs dernières acquisitions vestimentaires. L'objectif recherché, souvent inavoué, est d'être identifié et reconnu par ses pairs comme un « Face », meneur charismatique reconnu pour son excellence qui, de par ses propositions vestimentaires, musicales, etc. lance des modes et influe donc directement sur les aspects visibles de la scène.